Le besoin de partager

02 novembre 2016 Mur

Bonjour,  je tiens à essayer de vous donner mon ressenti sur le travail considérable que l'association fait pour nous toutes pour traverser ce moment difficile de notre vie.

 Je suis passée comme beaucoup d'entre nous atteintes de ce cancer, je pense, par plusieurs stades dès l'annonce de la maladie : l'effondrement, l'incompréhension, le désespoir, la colère, la souffrance, le sentiment d'injustice...

Ensuite, je me suis renfermée sur moi-même surtout dès la perte des cheveux. 

Au bout de 4 mois, j'ai commencé à accepter la maladie et j'ai ressenti le besoin de rencontrer d'autres femmes dans ma situation, capables de comprendre parfaitement le mal physique et moral que je vivais, afin d'essayer de me libérer de ce cancan dans lequel je m'étais enfermée et qui m'empêchait de vivre. 

 J'avais du mal à respirer à fond, à me redresser, à vivre tout simplement, tant je m'étais renfermée sur moi-même. Malgré l'entourage familial, j'avais l'impression de survivre et non de vivre. C'est à ce moment-là que j'ai pris ma décision de rejoindre les Dames de cœur. 

 J'y ai trouvé des personnes à l'écoute, sans préjugés et très attentionnées, et découvert des activités jusqu'alors méconnues.

 J'ai commencé par participer aux cours de sophrologie, aux marches afghanes et, par la suite, nordiques. J'y ai appris à maîtriser ma respiration et j'ai réussi à casser petit à petit ce carcan dans lequel je m'étais enfermée. J'avais la sensation que mon corps, mieux oxygéné, se réveillait. 

De plus, les séances de réflexologie m'ont également aidée à surmonter certaines souffrances physiques provoquées par la chimiothérapie.

 Je me suis sentie alors apte à participer aux groupes de parole qui m'ont permis d'extérioriser tout ce mal intérieur physique, et surtout moral, qui me rongeait. Les cours d'art-thérapie m'ont également beaucoup apporté et j'ai de plus en plus ressenti le besoin de partager avec celles qui sont en souffrance comme moi. Cette entraide a été très bénéfique dans ma lente reconstruction.

 Actuellement, pour des raisons de travail, je ne peux plus participer à tout ce que propose l'association mais je lui en suis très reconnaissante et je ne saurais trop remercier toutes les bénévoles pour l'aide et l'écoute qui m'ont donné les outils pour essayer de combattre ces douleurs, me reconstruire et réapprivoiser ce corps meurtri physiquement et moralement... et maintenant essayer d'arriver à vivre avec cette épée de Damoclès sur la tête.

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